La diversité des espèces

Qu’est-ce qu’une espèce ?

Une espèce est l’unité fondamentale de la classification, consistant en une population (ou une série de populations) d’organismes étroitement apparentés et similaires. Chez les organismes se reproduisant sexuellement, l’espèce est définie de façon plus rigoureuse par le concept biologique de l’espèce : il s’agit alors d’une population ou d’une série de populations d’organismes qui se croisent entre eux sans difficultés dans les conditions naturelles, mais non avec les membres des autres espèces.

Cependant…
La définition d’espèce est depuis longtemps un sujet de controverses. Aujourd’hui, il existe au moins sept définitions utilisées. En effet, l’existence de nombreux hybrides chez les plantes et les animaux, et le fait que la multiplication clonale soit le mode dominant de reproduction chez de nombreux micro-organismes (bactéries ou champignons par exemple) rendent parfois difficile l’utilisation de ce concept.

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Chevreuils (capreolus)
© JM Angibault
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Centaurée (Centaurea cyanus)
© PNR Luberon
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Canards
© C. Pastorelli


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Une femelle Aedes albopictus
© M. Dukhan - IRD
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Bolet (Boletus edulis)
© C. Pastorelli
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Spirobranchus giganteus
© C. Pastorelli


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Orchis Abeille (Orchis apifera)
© C. Pastorelli
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Homo sapiens
© C. Pastorelli
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Bananier
© C. Pastorelli


Qu’est-ce que la diversité des espèces ?

Immense est la diversité des espèces : des bactéries aux baobabs, des champignons microscopiques aux baleines…Certaines espèces se différencient les unes des autres visuellement, facilitant leur reconnaissance. On observe facilement qu’un chevreuil est différent d’un sanglier, une tulipe d’une rose, un papillon d’une abeille ou un homme d’un singe.
Mais l’exercice de l’inventaire du vivant ne peut se limiter aux espèces les plus faciles à observer (végétaux supérieurs, faune vertébrée, parfois les invertébrés), qui ne donne qu’une idée partielle de la richesse spécifique. Dans la plupart des cas, l’inventaire est beaucoup plus difficile. L’immense diversité des organismes vivants dans un sol (champignons, bactéries, invertébrés…), ou encore celle des parasites du tube digestif d’un chevreuil nécessitent des techniques et des savoir-faire bien particuliers. C’est pourquoi les spécialistes de la systématique font parfois appel à des techniques moléculaires pour distinguer et identifier certaines espèces.

Note : Les écologues parlent de « Diversité spécifique », qui se mesure par des indices couplant le nombre d’espèces (richesse spécifique) et fréquence.

En savoir plus sur la systématique, interview de G Lecointre : ->http://videotheque.cnrs.fr/video.php?urlaction=visualisation&method=QT&action=visu&id=2004&type=grandPublic

Quelle est son origine ?

La diversité des espèces vivantes a pour origine la diversité génétique. Les caractéristiques propres à chaque espèce (forme, couleur, résistance à une maladie ou à un facteur climatique…) sont transmises et déterminées par des gènes, et portés par un ou plusieurs chromosomes, mais il existe aussi une diversité interspécifique (entre les espèces). Un individu appartiendra à une espèce s’il possède les gènes caractéristiques de cette espèce.

Comment la mesure t-on ?

La richesse spécifique, ou nombre d’espèces sur une surface donnée, est une mesure fréquemment utilisée pour quantifier la biodiversité d’un lieu. Elle donne une approximation de la composition d’un peuplement (= ensemble de populations d’espèces différentes) dans un lieu donné. Mais la mesure comptable ne suffit pas car elle ne tient pas compte du nombre d’individus pour chaque espèce. Ainsi pour les deux communautés ci-dessous la richesse spécifique est identique (ici égale à quatre), mais une espèce contient plus d’individus que les autres pour la communauté 1. Il est donc nécessaire de prendre en considération l’abondance relative des espèces, en complément de leur nombre.

De combien est elle ?

Les spécialistes dénombrent environ 1,8 million d’espèces. Ils estiment avoir identifié la majorité de la faune vertébrée (50 000 espèces), des plantes à fleur (270 000 espèces), mais de nombreux groupes (insectes, champignons ou bactéries) restent bien mal connus. Les scientifiques s’accordent à penser que de 10 à 100 millions d’espèces peuplent notre terre : du travail en perspective !

par Carine Pastorelli
le 21 novembre 2008

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