Ecosystèmes forestiers

La forêt a de multiples faciès selon la latitude, l’altitude, la nature du sol, le climat, l’action des animaux, la gestion par l’Homme, etc. Qu’elle soit tropicale, tempérée, boréale ou méditerranéenne, la forêt garde cette valeur emblématique forte de milieu « naturel », bien qu’une grande partie des forêts soit aujourd’hui gérée par l’Homme.

Qu’est-ce qu’une forêt ?
Retenons ici la définition officielle fournie par le FAO :
« Terre avec un couvert arboré (ou une densité de peuplement) supérieur à 10% et d’une superficie supérieure à 0,5 hectare (ha). Les arbres doivent être capables d’atteindre une hauteur minimum de 5 m à maturité in situ. […]Les jeunes peuplements naturels et toutes les plantations établies dans un objectif forestier, qui ont déjà atteint une densité de couverture de 10 % ou une hauteur de 5 m, sont inclus dans la catégorie des forêts. Il en est de même des surfaces faisant normalement partie des superficies forestières qui ont été temporairement déboisées à la suite d’interventions humaines ou de causes naturelles, mais qui doivent retourner à la forêt ».

L’écosystème forestier :

Les écosystèmes forestiers sont formés de réseaux complexes de végétaux, d’animaux, de champignons et de bactéries. La stratification de l’écosystème, du sous-sol aux arbres, permet de mieux comprendre la complexité et la richesse en espèces, habitats, abris, refuges, ressources alimentaires, etc.

L’arbre en forêt :
Les arbres structurent l’écosystème forestier. Ils jouent un rôle :
- Sur le biotope : sous le couvert arboré s’établit un microclimat ; la lumière est tamisée par la canopée, la force du vent est atténuée par les arbres, les températures et l’humidité sont plus importantes qu’à l’extérieur. Le système racinaire va également agir sur le biotope en fragmentant le sol. Les racines profondes puisent les éléments nutritifs du sol, éléments qui seront ensuite restitués lors de la chute des feuilles, des fruits, des graines… Ce phénomène va permettre de fertiliser le sol en remontant les substances nutritives des couches profondes à la surface.
- Sur la biocénose : les arbres et arbustes contribuent à alimenter les réseaux trophiques qui nourrissent la faune, la flore, les champignons et les bactéries, par la chute au sol d’éléments aériens (feuilles mortes, bois mort, fruits…) et par la présence de leurs racines (exsudats racinaire, symbioses avec les champignons mycorhiziens, matières organiques des radicelles et des racines mortes). Le bois est consommé par des organismes xylophages, les feuilles par des herbivores, le pollen par des insectes … Ils constituent également des abris pour les mammifères, des lieux de nidifications pour les oiseaux…

L’Homme et la forêt :
Que ce soit pour le bois, les champignons, le gibier ou les plantes qui nous soignent, la forêt nous apporte de multiples ressources essentielles. Elle est aussi lieu de culte et d’inspiration. Elle régule nos climats, protège nos ressources en eau, recycle la matière organique et stocke le carbone… Les forêts nous rendent ainsi de nombreux services.
Alors que la forêt tend à s’accroitre en Europe, elle subit une forte déforestation en Amérique latine et en Afrique. Au Brésil et en Indonésie notamment, là où l’on trouve encore des forêts primaires (c’est-à-dire « naturelle » : probablement jamais exploitées), les pertes sont colossales.

La sylviculture :
La sylviculture se développe depuis le XIXe siècle. Littéralement « culture de la forêt », elle représente l’ensemble des techniques et des traitements apportés aux forêts pour qu’elles remplissent leur fonction économique (la production de bois essentiellement). Deux autres fonctions viennent s’y ajouter, du moins pour nos forêts domaniales : une fonction sociale d’accueil du public et une fonction écologique.
Différents traitements sylvicoles sont élaborés :
Le taillis permet d’obtenir un ensemble de bouquets de troncs partant de la souche d’un arbre coupé. Ces petits troncs sont les rejets de souche ; seuls les feuillus sont capables de rejeter de souche. Le bois produit sert de bois de chauffage.

Le taillis sous futaie combine les deux méthodes précédentes, créant un paysage diversifié et produisant du bois d’œuvre et du bois de chauffage. Ce système tend à disparaître au profit de la futaie régulière.

La futaie est une forêt dont les arbres sont tous issus de graines tombées au sol (régénération naturelle) ou plantées (régénération artificielle). Le bois produit est du bois d’œuvre, cette technique produisant de solides troncs.
La futaie se décline sous deux formes : la futaie régulière et la futaie irrégulière. La première se reconnaît facilement car les arbres d’une parcelle étant tous du même âge et de la même essence. Une fois qu’ils ont atteint leur maturité, on procède à la « coupe à blanc » ou « coupe rase » de la parcelle, tous les arbres sont coupés en même temps.

La régénération de la forêt peut être naturelle (les graines germent et forment de nouveaux plants) ou artificielle (de jeunes plants sont replantés si la régénération naturelle est insuffisante). Une forêt laissée sans intervention humaine présente des arbres d’essences et d’âges variés. En cela, la futaie irrégulière lui ressemble, mais les arbres vieux, gros ou morts y sont moins nombreux.